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Appel urgent (Juillet 2017) - TCHAD

Répression et torture

« Car je pense que Dieu nous a exposés, nous les apôtres, à la dernière place, comme des condamnés à mort : nous avons été donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. » 1 Co 4:9

Répression et torture

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Intervenir avant le 03/07/2017

Monsieur Mayadine Mahamat Babouri est en prison. Cela fait huit mois que ce journaliste et bloggeur, très actif sur les réseaux sociaux, est détenu arbitrairement pour avoir posté sur Facebook des vidéos dénonçant la corruption et le bilan négatif de la politique gouvernementale.
Mayadine Mahamat Babouri a été arrêté arbitrairement à N’Djamena le 30 septembre 2016 par des agents de l’Agence nationale de sécurité (ANS). Pendant ses premiers jours de détention, il a été torturé - notamment à l’électricité - et privé de tout droit de visite. Il a ensuite été envoyé au centre de détention de Koro-Toro. Il serait aujourd’hui incarcéré à la prison de Moussoro.
Le 10 octobre 2016, il a été inculpé d’ « atteinte à l’ordre constitutionnel, à l’intégrité territoriale et d’intelligence avec un mouvement insurrectionnel ».

Contexte

Ces derniers mois, sur fond de grave crise socio-économique dans le pays, divers acteurs de la société civile dénoncent la mauvaise gouvernance et l’absence d’État de droit au Tchad. Jusqu’à ce jour, au lieu d’écouter et de prendre en compte les revendications légitimes de la société civile, les autorités tchadiennes répondent par la répression et les arrestations arbitraires des contestataires.
Le Président Idriss Déby Itno est arrivé au pouvoir par les armes en 1990. Il a été réélu pour un cinquième mandat en avril 2016, à l’issue d’un scrutin non transparent où il a recueilli 60 % des voix. Pays producteur de pétrole et région pivot dans la lutte contre le terrorisme sahélien, le Tchad est un allié précieux des Etats occidentaux, et plus particulièrement de la France.

Un régime qui étouffe toute critique du pouvoir et toute contestation sociale

Depuis le début de l’année 2017, le pays traverse une sévère crise économique et sociale, aggravée par l’effondrement des prix du pétrole. Face à un front social et à des mouvements citoyens qui se développent et s’unissent, le régime d’Idriss Déby Itno a décidé d’user de la "manière forte" pour mettre un terme aux critiques et aux contestations sociales. En février 2017, 69 étudiants ont été condamnés à un mois de prison ferme pour « outrage à l’autorité de l’État » après avoir protesté contre la suppression de leurs bourses.

Une société qui se mobilise malgré la peur

Le 25 mars 2017, le mouvement citoyen « Iyina » et les coalitions « Trop c’est trop » et « Ça suffit », qui militent pour l’alternance démocratique au Tchad, ont lancé la campagne « Tournons La Page » (TLP) à l’occasion d’un rassemblement à la Bourse du travail de N’Djamena. Présente dans sept pays africains, en Belgique ainsi qu’en France où elle est coordonnée par le Secours Catholique, la campagne TLP est un « mouvement citoyen transcontinental qui regroupe des membres de la société civile d’Afrique et d’Europe dans le but de promouvoir la démocratie sur le continent africain ».
Nadjo Kaïna et Bertrand Solo Gandere du mouvement citoyen Iyina ont fait de la prison début avril 2017 pour avoir appelé à une journée de désobéissance civile le 10 avril et encouragé la population à s’habiller en rouge pour exprimer son ras-le-bol quant à la mauvaise gouvernance dans le pays. "Les arrestations successives de militants de la société civile sont la preuve que la dynamique activiste qui agite actuellement le pays est prise très au sérieux par le régime", analyse Sofia Meister de l’IFRI (Institut français des relations internationales) dans sa note « Réseaux sociaux et mobilisations citoyennes : le nouvel activisme tchadien ».
(ACAT France)
Pour aller plus loin : « Réseaux sociaux et mobilisations citoyennes : le nouvel activisme tchadien

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